Fin mai, je suis tombée dans la marmite islandaise, c'était agréable et inégal...

Après... j'ai passé un moment très jubilatoire avec ce livre

 

le choeur des femmes_

 

Si vous avez aimé Martin Winckler, Bruno Sachs, le protagoniste de La maladie de Sachs, La Vacation et Trois médecins... vous devriez adorer Franz Karma

Jean Atwood, interne des hôpitaux et quatre fois major de promotion, vise un poste de chef de clinique en chirurgie gynécologique. Mais au lieu de lui attribuer le poste convoité, on l’envoie passer son dernier semestre d’internat dans un service de médecine consacré à la médecine des femmes –  avortement, contraception, violences conjugales, maternité des adolescentes, accompagnement des cancers gynécologiques en phase terminale.
Le Docteur Atwood veut faire de la chirurgie, et non passer son temps à écouter des femmes parler d’elles-mêmes à longueur de journée. Ni servir un chef de service à la personnalité controversée. Car le mystérieux Docteur Karma –  surnommé «  Barbe-Bleue  »  – séduit sans vergogne, paraît-il, patientes et infirmières et maltraite sans pitié, dit-on, les internes placés sous ses ordres. Pour Jean Atwood, interne à la forte personnalité et qui brûle d’exercer son métier dans un environnement prestigieux, le conflit ouvert avec ce chef de service autoritaire semble inévitable.
Mais la réalité n’est jamais ce que l’on anticipe, et la rencontre entre les deux médecins ne va pas se dérouler comme l’interne l’imagine.

Le Chœur des femmes est un roman de formation  : il raconte l’histoire d’un jeune médecin déjà modelé par la faculté et par sa spécialité d’élection et qui doit brusquement réviser ses préjugés devant une réalité qui lui avait échappé jusqu’ici  : ce ne sont pas ses maîtres qui lui apprendront son métier, mais les patientes.
C’est un roman documentaire qui décrit la médecine des femmes, ses gestes, ses particularités, ses écueils, ses interrogations éthiques, comme aucun roman, ne l’a fait à ce jour, du moins en langue française.
C’est un roman choral (comme son nom l’indique) dont la structure s’inspire de celle de la comédie musicale  : au fil de son itinéraire (un récitatif à la première personne) dans ce microcosme qu’est l’unité 77, le Docteur Atwood croise des femmes qui racontent (et parfois, chantent) leur vie, leurs amours et leur mort, en solo ou dans un ensemble assourdissant.
C’est aussi un roman d’énigme  : comme toutes les patientes qu’ils sont amenés à soigner, Jean Atwood et Franz Karma ont chacun un secret qui les anime, les oppose et, étrangement, les rapproche –  le secret originel de leur identité en tant que soignant et en tant qu’être humain.

Editions P.O.L

 

J'ai eu beaucoup de plaisir à la lecture de cet ouvrage, Djinn m'a bien plu, son cheminement intellectuel, relationnel et émotionnel ne m'a pas laissée indifferente

J'aime la lutte permanente de Winckler contre la culture dominante du corps médical, contre le rapport de supériorité condescendante, voire méprisante et inhumaine, qu’il entretient trop souvent à l’égard des patients

« Le soignant,
c’est celui
à qui le patient
prend la main »

 

L'ecriture est vive, la prose exubérante, un moment rocambolesque et romanesque


Vous comprendrez pourquoi Jean, futur chirurgien gynécologique devient Djinn faite pour "écouter des histoires de bonnes femmes"

Vous comprendrez pourquoi je suis devenue psychiatre..... !!!

 

Et me voilà repartie vers le nord avec le dernier roman (le sixième) de Camilla Läckberg

Après l'Enfant allemand, nous retrouvons nos personnages préférés dans La Sirène

 

A suivre....